Natalie LamotteNatalie Lamotte A chaque instant, alors, on s'attend à les voir exploser, pour cracher sur la toile le bouillonnement qu'elles semblent contenir.
Natalie Lamotte

2007, François MICHAUD, "Là est Kiga"

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Là est Kiga, par François Michaud conservateur au Musée d'Art Moderne Ville de Paris
  
Là est Kiga
Parler de Natalie Lamotte.
Parler de Gérard Gasiorowski Kiga l’Indienne.
Kiga, conforme au souvenir qu’en a laissé Gasiorowski, à la vision que d’autres en ont gardé.
Kiga, assise au sol, entourée des tubes où, patiemment, on a enfermé ses couleurs : filaments enroulés, glissés, tirés d’elle-même. La couleur par l’ouverture ; organes en négatif. Corps renversé, abstrait, sauf le sang – et la teinte issue des chairs.
Dans les peintures de Kiga-Natalie le corps s’écoule, s’étale.
Transformations. Oublis d’anatomie, langue-vulve, pulpe-pénis, sein révulsé, retourné, mis à plat, vu de l’intérieur, soufflé de l’intérieur, gonflé par la bouche.
Devenir végétal. Pistil. Etamine.
Teinture : presque des odeurs, presque du toucher : Kiga-Natalie entourée de peintures, de ses dessins d’un corps abstrait, enroulée dans la pâte, dans le prolongement chaud et organique d’une matrice fouillée jusqu’au nœud.
Puis dénouer, dévider, ranger les fils dans les tubes.
S’étendre entre les toiles.
Coucher sur la peinture.         
  
Paris, Octobre 2007
 
 
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 There stands Kiga, by François Michaud, curator
 of the Modern Art Museum, Ville de Paris
  
 
There stands Kiga.
Talking about Natalie Lamotte.
Talking about Gerard Gasiorowski Kiga the Indian woman.
Kiga, true to the memory Gasiorowski has left, true to the vision others have kept.
Kiga, sitting on the ground, surrounded by tubes in which her colours – wound up threads, pulled down and dragged out of her – have been put patiently. Colours out of openings; organs put inside out. A body put inside out; a body which is abstract, except for blood – and the colour from the flesh.
In Kiga – Natalie's paintings,the body flows out and spreads out.
Changes: lapses in the anatomy, thongue-vulva, pulp-penis, reversed breast, tilted back, flattened out, blown out from the inside and inflated by the mouth.
Becoming vegetal. Pistil. Stamen.
Colours; you can almost smell them; you can almost touch them. Kiga-Natalie is encircled by paintings, by her drawings of an abstract body, wrapped in paste, in the organic hot extension of a matrix searched to the knot. Then she unknots, unwinds and put the threads in tubes.
She spreads between the canvases.
She lies down on the paintings. 
 
Paris, October 2007 (Translation Céline Larroche).

2008-T11, 195x130cm, acrylique sur toile (collection particulière) Centre d'art Bouvet-Ladubay, 2008, dessin mural ficelle Sisal 4/3 (photo (c) Marie-Claire Bordaz) Centre d'art Bouvet-Ladubay, 2008, vue de l'exposition (photo (c) Marie-Claire Bordaz)

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